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La vulgarisation sur YouTube doit-elle être normalisée ?

Les chaînes YouTube de vulgarisation sont légions sur la plateforme. Physique, biologie, mathématiques, histoire, géographie ou encore économie, les domaines de vulgarisation sont nombreux. Popularisée sur YouTube depuis 5 ans environ, la vulgarisation suscite petit à petit un débat au sein des vidéastes, notamment sur la méthode employée pour l’exploiter.

Les raisons du succès.

La vulgarisation permet de rendre compréhensible un sujet complexe pour les internautes. (internautes car ici il est question de la vulgarisation sur YouTube).

Si la vulgarisation est autant populaire sur la plateforme, c’est pour plusieurs raisons :

  • La capacité des vidéastes à simplifier le complexe et une pédagogie bien rodée.
  • Une capacité de synthèse développée.
  • Des sujets captivants.
  • Des illustrations claires.
  • Une excellente élocution.

Le public YouTube est un public composé à 72% des 18-49 ans (20% pour les 18-24 ans). Un engouement pour la vulgarisation expliqué également par une volonté du public d’en savoir plus sur des sujets déjà vus dans le milieu scolaire, ou bien en train d’être instruits au lycée ou à la fac. Une tendance comme une autre pour laquelle les internautes vouent un intérêt grandissant.

La prolifération des fake-news et l’appauvrissement du contenu TV ont également contribué au développement des chaînes de vulgarisation.

Le format court (20′ en moyenne) est également en adéquation avec ce que le public recherche. L’habileté des vulgarisateurs permet de condenser l’info pour n’en dégager que l’essentiel. Loin des formats plus longs et souvent soporifiques.

Vulgarisation et divertissement

Avec cette popularité grandissante des chaînes de vulgarisation, certaines voix s’élèvent discrètement pour dénoncer certaines “dérives”. Un début de scission au sein des vidéastes vulgarisateurs où d’un côté certains associent la vulgarisation au divertissement, et de l’autre, ceux pour qui la vulgarisation est un sujet sérieux avec lequel on ne badine pas. Un débat qui prend sa source dans le domaine de la science essentiellement et donne lieu à une tentative de normalisation de la vulgarisation.

Le premier point de normalisation porterait donc sur l’association de la vulgarisation avec le divertissement.

C’est peut-être parce-que la vulgarisation revêt un caractère divertissant qu’elle est autant populaire non ? Chaque vidéaste, exerçant dans le même domaine de vulgarisation, possède sa propre identité visuelle, son caractère, son éloquence et sa personnalité. C’est une des raisons pour laquelle le public préfère un vidéaste à l’autre. Chacun sa fan-base, même si dans la plupart des cas, beaucoup ont des abonnés en commun.

Pour parler métaphoriquement, le divertissement est un peu comme le verre d’eau qui permet de faire passer la pilule. Il fluidifie les mécaniques d’apprentissage d’un sujet aussi important soit il.

Le vulgarisateur qui utilise ponctuellement de l’humour pour traiter son sujet ne rend pas ses explications moins pertinentes. C’est aussi le moyen de (re)capter l’attention des spectateurs sur le point de décrocher.

Devoirs et responsabilités

Vulgariser, c’est aussi œuvrer pour la vérité et l’exactitude. A cet effet, les vidéastes ont le devoir moral de prêcher la bonne parole. Des erreurs, des coquilles sont toujours possibles et sont souvent corrigées par les youtubeurs de bonne foi et minutieux.

Ils ont la responsabilité de ce qu’ils transmettent à leur public. Les partisans des théories fumeuses et farfelues n’ont clairement pas leur place dans la vulgarisation et doivent être dénoncés.

Vulgariser c’est aussi partager et transmettre. Partager des connaissances, transmettre le savoir à un public généralement très réceptif.

Le vulgarisateur a-t-il également le devoir de sourcer systématiquement son travail ? Pourquoi? Et pour qui ? Pour beaucoup, la source est la pierre angulaire de la méthode scientifique. Elle est indispensable pour les professionnels du domaine (physique, astronomie, mathématiques, histoire…) lorsqu’ils évoquent une thèse, une théorie, un fait mais pas seulement.

Sourcer c’est aussi se justifier en un sens. Mais c’est aussi une contradiction avec la vulgarisation qui se veut claire et simplifiée. La source s’adresse aux initiés, a ceux qui en comprendront le contenu et donc pour qui la vulgarisation ne représente pas, à priori, un grand intérêt. Lorsqu’un vidéaste vulgarise la théorie des cordes ou la relativité restreinte, il ne pourra s’appuyer sur des sources que seuls des initiés pourront comprendre et non le public lambda qui cherche simplement à enrichir ses connaissances.

Evidemment, lorsque le sujet traité ne fait pas consensus auprès des communautés respectives (sciences, histoire, économie…) il parait indispensable de sourcer pour expliquer le raisonnement et le comprendre autrement.

La source ne doit pas devenir une norme pour la vulgarisation. Elle est certes un outil pédagogique pour celui ou celle qui l’exploite, une base de travail et un gage de confiance. Mais pour qui au juste ? Les étudiants, d’accord. Mais chaque vulgarisateur a son public et connait ses attentes. Un vidéaste se doit avant tout de répondre aux attentes de son public avant de répondre aux exigences de ses pairs.

Les diplômes

Le cas des diplômes est un peu à double tranchant. Malheureusement beaucoup de diplômés (de médecine par exemple) profitent de leur statut comme argument d’autorité pour faire valoir leurs théories fumeuses (anti-vaccination, médecines alternatives….).

Pourtant, comme la source, le diplôme peut-être un gage de confiance. Cependant, être diplômé ne signifie pas être pédagogue. Au même titre qu’être vulgarisateur ne signifie pas être professeur. Naturellement, nous sommes tous tentés d’apporter d’avantage de crédit à un vidéaste diplômé qu’à un non diplômé. Mais c’est un choix que nous reviens à nous, les internautes.

Quels critères scolaires seraient utilisés pour normaliser la vulgarisation ? brevet ? Bac, bac+2, +4 +6, doctorat minimum ? et par qui? Un débat qui restera stérile tant que l’avis des internautes ne sera pas pris en compte.

En bref

A la question: faut-il normaliser la vulgarisation ? La réponse revient aux internautes eux-même. Ils sont à la fois juges et consommateurs de la vulgarisation. Les vidéastes connaissent leurs publics et leurs attentes et ont toute la latitude pour modifier ce qui doit l’être.

Pour autant, il ne faudrait pas laisser cette tendance en totale roue libre sous peine de voir apparaître certaines dérives.

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