Instant Critique
Accueil » Actualités » Article 13, l’heure de la mobilisation a sonné.
Actualités

Article 13, l’heure de la mobilisation a sonné.

La colère gronde dans le monde du numérique et de nombreuses voix s’élèvent contre ce fameux article 13 voté par l’union européenne.

Le 12 septembre 2018, l’Union Européenne a tranché dans le conflit qui opposait les ayants droit (studios de cinéma, maisons de disques, éditeurs…) et le GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) en dégainant la directive sur le copyright. Cette directive suscite inquiétude et d’incompréhension de la part des acteurs du numérique comme YouTube (Google) qui ne compte pas en rester là.

Les origines du conflit

Le conflit démarre avec la démocratisation et l’expansion d’internet au début des années 2000. A cette époque déjà, les ayants droit s’interrogeaient sur le fait que leurs œuvres se retrouvaient sur la toile sans leur consentement. Il était alors difficile de légiférer sur une nouvelle technologie encore peu maîtrisée. Depuis, internet s’est développé et complexifié avec notamment l’arrivée des smartphones.

Internet est présent partout dans le monde (ou presque) et les moyens d’y accéder sont nombreux. Les ayants droit estiment avoir été lésés, oubliés dans cette expansion toujours plus importante d’internet. Un manque à gagner difficile à chiffrer compte tenu de la complexité des enjeux. C’est la raison pour laquelle ils ont exercé une pression sur l’ UE via des campagnes de lobbing pour obtenir gain de cause auprès des députés européens. Un processus de victimisation qui a visiblement porté ses fruits.

La directive copyright

La directive européenne sur le droit d’auteur à l’heure du numérique, aussi appelée “directive copyright”, contient plusieurs articles. Elle fut une première fois retoquée en juillet 2018, le eurodéputés la jugeant trop stricte, avant d’être votée à la majorité 3 mois plus tard avec quelques modifications.

Cette directive, dans la théorie, oblige les hébergeurs à trouver des accords avec les ayants droit pour diffuser ne serait-ce qu’une infime partie de l’oeuvre protégée. Image, extrait audio, extrait vidéo, page de livre, article de presse…Sans accord, aucune diffusion possible. Censure pour les uns, légitimité pour les autres. Ce qui suscite autant d’émoi dans cette directive, c’est cet article 13.

La politique du tout ou rien

Pour faire simple, avec l’article 13, soit les droits sont accordés au diffuseur (vous, moi, n’importe quel internaute qui publie sur Facebook, Twitter, YouTube etc…) et dans tel cas l’hébergeur (Google, Facebook etc…) autorisera la diffusion, soit les droits ne sont pas accordés et dans tel cas, la mise en ligne ne sera pas possible. C’est brièvement résumé mais le principe est là.

Exemple concret 1 : Vous êtes à une soirée entre amis. Vous décidez de vous filmer pour publier votre vidéo sur votre compte Facebook ou Insta, comme vous voulez. La vidéo dure 30 secondes environ. Seulement, dans les 10 dernières secondes de la vidéo, un amis à vous a allumé la musique pour écouter Indochine. Au moment de l’upload de votre vidéo sur votre story, Facebook vous demandera si vous avez les droits pour la diffusion du morceau d’Indochine, même pour 10 secondes. Vous n’avez pas les droits, donc pas de publication possible.

Exemple concret 2 : Vous êtes fan de Joueur Du Grenier. Vous décidez de vous revoir quelques vidéos mémorables de ses revanches. Vous vous rendez sur sa chaîne, et là surprise, toutes les miniatures des vidéos sont noires et le contenu n’est plus accessible. Frédéric Molas n’a pas obtenu les droits des éditeurs ou des maisons de disques pour la diffusion de ses vidéos qui ne contenaient pourtant qu’une infime partie de contenu protégé.

Exemple concret 3 : Vous cherchez sur Google des images de votre chanteur préféré Booba. Seulement rien ne s’affiche, Google n’aura pas obtenu les droits de diffusion de la part du photographe mais aussi du chanteur. Dommage.

Dans un tel contexte, le divertissement et la création ont du plomb dans l’aile. Les exemples concernent aussi bien le gaming, la culture générale, la science, la photographie, la musique, bref tous les sujets présents sur YouTube et les réseaux sociaux.

Dans ce cas, pourquoi ne pas demander simplement l’autorisation de diffuser aux ayants droit ? Dans la théorie, tout le monde peut le faire, dans la pratique imaginez-vous 2 minutes le nombre de demandes que cela représente auprès des ayants droit chaque jour!! Les demandes arriveront par centaine de milliers tous les jours ne serait-ce qu’en France. Autant dire que les ayants droit ne s’intéresseront qu’aux plus gros poissons, et encore. Votre vidéo de soirée entre potes, ils s’en moquent éperdument.

Il n’est pas trop tard pour agir

Il s’agit d’une directive européenne, une fois votée, tout n’est pas fini et enterré. L’une des figures de la protestation, Susan Wojcicki, dirigeante de YouTube, prend la parole sur son blog pour exprimer son inquiétude et son mécontentement. Elle incite les YouTubers et les internautes à dénoncer cet article 13 pour qu’il soit amendé voir supprimé. De nombreuses personnalités du net se sont unies sous la bannière #SaveYourInternet. Une pétition est actuellement en cours, n’hésitez pas à la signer pour sauver la création sur internet.

Related posts

La vulgarisation sur YouTube doit-elle être normalisée ?

Antoine DAOUST

Jacques Grimault, ce marchand de fables expert de l’intox.

Antoine DAOUST

Conspiracy Watch dégaine sa map monde des conspirations sur le CoronaVirus.

Antoine DAOUST

Le vrai du faux sur la réforme des retraites avec Heu?reka.

Antoine DAOUST
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
Actualités, enquêtes, opinions, divertissement

Ce site utilise des cookies afin d'améliorer votre navigation et analyser le trafic Accepter En savoir plus